Trechos de um artigo por vir – III

Trecho de La Part du Feu que me levou ao interesse pela obra de Blanchot. Lembrando que a interpretação da obra de Kafka a seguir foi incorporada à própria obra de Kafka:

Les principaux récits de Kafka sont d es fragments, l’ensemble de l’oeuvre est un fragment. Ce manque pourrait expliquer l’incertitude qui rend instables, sans en changer la direction, la forme et le contenu de leur lecture. Mais ce manque n’est pas accidentel. Il est incorporé au sens même qu’il mutile; il coïncide avec la représentation d’une absence qui n’est ni tolérée ni rejetée. Les pages que nous lisons ont la plus extrême plénitude, elles annoncent une oeuvre à qui rien ne fait défaut, et d’ailleurs toute l’oeuvre est comme donnée dans ces développements minutieux qui s’interrompent brusquement, comme s’il n’y avait plus rien à dire. Rien ne leur manque, même pas ce manque qui est leur objet ce n’est pas une lacune, c’est le signe d’une impossibilité qui est partout présente et n’est jamais admise – impossibilité de l’existence commune, impossibilité de la solitude, impossibilité de s’en tenir à ces impossibilités. Ce qui rend angoissant notre effort pour lire, ce n’est pas la coexistence d’interprétations différentes, c’est, pour chaque thème, la possibilité mystérieuse d’apparaître tantôt avec un sens négatif, tantôt avec un sens positif. Ce monde est un monde d’espoir et un monde condamné, un univers à jamais clos et un univers infini, celui de l’injustice et celui de la faute. Ce que lui-même dit de la connaissance religieuse « La connaissance est à la fois degré menant à la vie éternelle et obstacle dressé devant cette vie », doit se dire de son oeuvre tout y est obstacle, mais tout aussi peut y devenir degré. Peu de textes sont plus sombres, et pourtant, même ceux dont le dénouement est sans espoir, restent prêts à se renverser pour exprimer une possibilité ultime, un triomphe ignoré, le rayonnement d’une prétention inaccessible. A force de creuser le négatif, il lui donne une chance de devenir positif, une chance seulement, une chance qui ne se réalise jamais tout à fait et à travers laquelle son contraire ne cesse de transparaître.

Toute l’oeuvre de Kafka est à la recherche d’une affirmation qu’elle voudrait gagner par la négation, affirmation qui, dès qu’elle se profile, se dérobe, apparaît mensonge et ainsi s’exclut de l’affirmation, rendant à nouveau l’affirmation possible. C’est pour cette raison qu’il paraît si insolite de dire d’un tel monde qu’il ignore la transcendance. La transcendance est justement cette affirmation qui ne peut s’affirmer que par la négation. Du fait qu’elle est niée, elle existe; du fait qu’elle n’est pas là, elle est présente. Le Dieu mort a trouvé dans cette oeuvre une sorte de revanche impressionnante. Car sa mort ne le prive ni de sa puissance, ni ,de son autorité infinie, ni de son infaillibilité: mort, il n’est que plus terrible, plus invulnérable, dans un combat où il n’y a plus de possibilité d e le vaincre. C’est avec une transcendance morte que nous sommes aux prises, c’est un empereur mort que représente le fonctionnaire de La Muraille de Chine, c’est, dans Le Bagne, l’ancien commandant défunt que la machine de torture rend’ toujours présent. Et, comme le remarque J. Starobinski, n’est-il pas mort, le juge suprême du Procès qui ne peut que condamner à mort parce que c’est la mort qui est sa puissance, la mort qui est sa vérité et non pas la vie?

L’ambiguïté du négatif est liée à l’ambiguïté de la mort. Dieu est mort, cela peut signifier cette vérité encore plus dure la mort n’esi pas possible. Au cours d’un bref récit, intitulé Le Chasseur Gracchus, Kafka nous raconte l’équipée d’un chasseur de la Forêt-Noire qui, ayant succombé à une chute dans um ravin, n’a cependant pas réussi à gagner l’au-delà – et maintenant il est vivant et il est mort. Il avait joyeusement accepté la vie et joyeusement accepté la fin de sa vie – une fois tué, il attendait sa mort dans la joie il était étendu et il attendait.«Alors, dit-il, arriva le malheur. » Ce malheur, c’est l’impossibilité de la mort, c’est la dérision jetée sur les grands subterfuges humains, la nuit, le néant, le silence. Il n’y a pas de fin, il n’y a pas de possibilité d’en finir avec le jour, avec le sens des choses, avec l’espoir : telle est la vérité dont l’homme d’Occident a fait un symbole de félicité, qu’il a cherché à rendre supportable en en dégageant la pente heureuse, celle de l’immortalité, d’une survivance qui compenserait la vie. Mais cette survivance, c’est notre vie même. « Après la mort d’un homme, dit Kafka, un silence particulièrement bienfaisant intervient pour un peu de temps sur la terre par rapport aux morts, une fièvre terrestre a pris fin, on ne voit plus un mourir se poursuivre, une erreur semble écartée, même pour les vivants c’est une occasion de reprendre haleine, aussi ouvre-t-on la fenêtre de la chambre mortuaire – jusqu’à ce que cette détente apparaisse illusoire et que commencent la douleur et les lamentations. »

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~ por espectral em quinta-feira, maio 27, 2010.

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